La capitale bourguignonne s’illustre en matière d’innovation urbaine avec la mise en oeuvre, prévue pour la fin 2018, d’un poste de pilotage à distance des équipements urbains pour les 24 communes de la métropole.

Article publié sur le caissedesdepotsdesterritoires.fr le 09/05/2018

Ce centre de pilotage remplacera les six postes de contrôle actuels (PC Sécurité, PC Police municipale, Centre de supervision urbaine, PC Circulation, Allô mairie et PC Neige) – une centralisation des fonctions urbaines présentée comme inédite par le maire et président d’agglomération François Rebsamen, dans une note sur le projet OnDijon pour la fondation Jean-Jaurès. « Nous avons pensé que si nous pouvions lancer un appel d’offres intégrant l’ensemble des fonctions urbaines qui se gèrent habituellement de manière distincte, alors nous pouvions optimiser les coûts et réaliser des économies importantes. »

Le partenariat public-privé comme moteur de l’innovation urbaine

Pour mener à bien cet objectif, la ville a mobilisé une formule particulière de marché public avec le contrat de conception, réalisation, exploitation et maintenance (Crem). « Le contrat que nous avons passé intègre à la fois l’éclairage public (dont le contrat arrivait à échéance) mais également la maintenance et l’exploitation des équipements urbains », précise le maire. Il a été confié à un groupement composé de Bouygues Energies et Services, Citelum (filiale d’EDF spécialisée dans l’éclairage public), Suez et Cap Gemini. Cette mission de gestion urbaine, d’un montant de 105 millions d’euros (dont 53 millions d’euros d’investissement) est assortie d’un contrat de performance. En d’autres termes, ces entreprises délégataires de nombreux services urbains, gérés depuis le centre de pilotage connecté, devront atteindre des objectifs chiffrés : 65% d’économies d’énergies sur l’éclairage public, 99% de disponibilité des systèmes informatiques, une réduction des délais d’intervention sur l’espace public, etc.
« Je suis de ceux qui croient que le service public est essentiel, se défend le maire de Dijon, mais je suis aussi conscient que le service public ne peut pas tout. Dans la ville intelligente en particulier, la collaboration entre public et privé est essentielle. » De fait, ce projet prévoit la constitution d’équipes « mixtes » au sein du poste de pilotage connecté, associant les agents de la métropole à des salariés des entreprises privées. Une coopération inédite à cette échelle de la gestion urbaine, qui respecte toutefois la primauté de la puissance publique : la police municipale assurera la supervision du poste de pilotage. Une hiérarchie des rôles que François Rebsamen assume sans ambages : « La collectivité garde le pouvoir de décision sur la politique publique et les partenaires privés mettent à son service leurs expertises et leurs capacités d’innovation. »

Vers une gouvernance locale de la donnée

Le poste intelligent de Dijon Métropole devrait coordonner, à terme, quelque 34.000 points lumineux, 269 caméras de vidéosurveillance, 205 véhicules géolocalisés, ou encore 190 bus disposant de la priorité dans 113 carrefours équipés à cet effet. De quoi générer des volumes de données conséquents, sur lesquels la collectivité aura également la main. Elle s’est engagée à ce qu’aucune donnée personnelle ne puisse être vendue, et prépare une charte d’utilisation spécifiant, pour chaque type de donnée, ses modalités de valorisation. Dans les prochains mois sera mise en service une plateforme de gestion collectant toutes les données produites dans le cadre de cette vaste concession de services urbains.
Dijon Métropole s’illustre ainsi en matière de gouvernance de la donnée ; elle accueillera d’ailleurs les Etats Généraux de la protection des données personnelles le 25 mai prochain, en collaboration avec l’association Villes Internet. « Ce modèle contractuel est, j’en suis sûr, tout à fait reproductible par d’autres collectivités », estime François Rebsamen, anticipant les prolongements d’un modèle de gestion urbaine qui pourrait faire date.