Pour tous ces projets français d’envergure, l’histoire est toujours la même: on parle des gros et on oublie ces petites mains qui oeuvrent au côté des majors, dans l’ombre et en marge du contrat à proprement parler.

MuCEM, LGV SEA, tram de Dijon, etc. Des chantiers qui parlent à tous, et pas des moindres ! CONSOLIS, BONNA SABLA, SATEBA, cela ne vous évoque rien ? Et pourtant, ces entreprises sont toutes trois liées à ces projets PPP. On pourrait rajouter à cette liste non exhaustive, le stade Jean Bouin, la Fondation Louis Vuitton en cours de construction dans le Bois de Boulogne, la Cour des Senteurs à Versailles, les trams de Reims ou de Bordeaux, qui ne sont certes pas tous des PPP, mais de bien jolies réalisations. Il y a des métiers comme cela dont on en entend peu ou pas parler, et qui néanmoins collaborent avec nos fleurons du BTP français et avec nos meilleurs architectes. Sans eux, le MuCEM (le Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée) de Marseille pour ne citer que lui, ne serait pas ce qu’il est, avec sa fine résille en béton fibré ultra hautes performances si caractéristique, pensée par Rudy Ricciotti mais construite par BONNA SABLA.

Partir de ces gros chantiers fournit un alibi parfait pour évoquer ces métiers dont on ne soupçonne pas l’importance mais qui peaufinent un ensemble d’infrastructures bétonnées, par des solutions innovantes, durables et sur mesure. Ouvrons-donc notre première poupée russe qui répond au nom de CONSOLIS. D’origine scandinave, ce groupe industriel du secteur de la construction, des travaux publics et de l’infrastructure ferroviaire, spécialisé dans la conception d’ouvrages et de bâtiments hautes performances en béton, est présent dans une trentaine de pays, principalement en Europe et dans le bassin méditerranéen. Il emploie près de 10 000 personnes et a réalisé un chiffre d’affaires de 1,3 milliards d’euros en 2013. Depuis sa création, le groupe a fait des petits et s’enorgueillit d’offrir à ses clients plus de 100 ans d’expérience.

Sur les rails

Deuxième poupée russe, la société BONNA SABLA, filiale du groupe CONSOLIS, s’est fait une place de choix sur le marché des solutions en béton préfabriqué. Leader sur son segment, elle intervient dans les secteurs du bâtiment et des travaux publics tels que l’assainissement et le traitement des eaux, les réseaux secs, l’aménagement urbain et de cimetières, le génie civil et l’infrastructure ferroviaire. Depuis plus de 10 ans, elle développe des nouvelles gammes de bétons innovants et intervient dans les grands projets architecturaux français, en proposant des solutions s’inscrivant dans une démarche où l’environnement est considéré dans sa globalité. C’est notamment grâce à elle que les supporters de l’Olympique lyonnais pourront supporter leurs joueurs fétiches sur les 33 kms de gradins du futur Grand Stade !

Première illustration avec la LGV Sud Europe Atlantique (SEA), le projet de ligne à grande vitesse reliant Tours à Bordeaux initié par l’Etat et RFF et confié au groupement SEA Préfabrication. Financés par un Contrat de partenariat, ces travaux titanesques nécessiteront en tout 340 kms de lignes nouvelles avec 17 raccordements au réseau ferré classique et traverseront 3 régions, 6 départements et 117 communes. Le tout pour un investissement de 7,8 milliards d’euros.

Agissant aux côtés de VINCI construction, BONNA SABLA a été choisie comme mandataire de ce projet en 2012. Le chantier étant réalisé en plusieurs tronçons, BONNA SABLA a du éparpiller 10 usines tout au long du tracé pour répondre à des besoins logistiques complexes, avec une demande importante et simultanée. Parmi ces sites, l’usine de Cinq-Mars-La-Pile qui a fait peau neuve pour gagner en rentabilité et pour mieux répondre aux besoins de la ligne. Le site, spécialisé dans le génie civil, fabrique grâce à 3 centrales à bâton et 3 ateliers de fabrication, butons, ouvrages d’art et hydraulique et quelques autres produits sur mesure. Experts du BTP, soyez les bienvenus ! Lors d’une petite visite du site, la pièce maîtresse qui vous attendra est son carrousel qui permet la réalisation des murs anti-bruits (écrans acoustiques et corniches écrans), grande spécialité de l’usine et grande fierté de ses fabricants. Véritable clou du spectacle, dessiné sur mesure spécifiquement pour l’usine, ce carrousel innovant comporte 21 différents moules qui permettent une fabrication automatisée de près de 20 000 à crans en 20 mois. L’usine peut même fournir jusqu’à 6 dimensions différentes de corniches écrans, afin de les adapter aux nombreux défis imposés par le tracé de la LGV SEA (ponts, viaducs, estacades). Et quand on rajoute une petite touche artistique, cela donne des écrans en bâton ocre blond (donnant un rendu gris clair) qui ont cette particularité de représenter une sorte de vague qui rappelle l’Atlantique et qui permet une harmonie parfaite avec le paysage. Au total, ces corniches écrans seront installées sur 128 ponts et représentent 25 kms soit 10 730 unités. Les écrans acoustiques eux sont déclinables en 60 tailles et 4 motifs différents. Et il y en a pour tous les goûts: des matrices façon mur de pierre, mur en bois ou encore mur végétal, réfléchissants ou absorbants. La couche intérieure de ces écrans est composée d’un béton de pouzzolane (une roche naturelle composée de projections volcaniques) cannelé qui réduit de façon notable les nuisances sonores, devenu le matériau favori de BONNA SABLA pour la construction de ces fameux murs anti-bruit, et qui plus est, facilite l’entretien et a la faculté d’être réparable sur site.

Les ateliers de Cinq-Mars-La-Pile fournissent également les butons qui sont utilisés pour la tranchée de Veigné en Indre-et-Loire. Ces poutres allant jusqua’à 14 m de long vont servir à éviter l’affaissement des parois dans cette tranchée couverte de 1 748 m qui passe sous l’autoroute A85, la RD910 et la voie ferrée Tours-Loches.

Troisième poupée russe donc, la Société Anonyme de Traverses en Béton Armé (SATEBA), elle-même filiale de BONNA SABLA depuis 1975 a pour spécialité les traverses et planchers pour aiguillages en béton, et ce depuis la moitié du XXA?me siècle. Regroupant à la fois les pâles de conception et de fabrication, et ayant su tirer parti d’un suivi entre ses bureaux d’études et ses usines, la société revendique une innovation constante qui l’a conduite au rang de leader européen sur son marché. Dans le cadre du projet de LGV SEA, elle s’est vue confier le tronçon Tours-Poitiers. Ces impressionnantes traverses de voie courante, longues de 2m42 par 22 cms d’épaisseur pour 295 kgs chacune, sont fabriquées à la chaine dans l’usine de la Riche en Indre-et-Loire, proche de l’extrémité nord de la ligne. Quand le chantier sera prêt pour l’étape de pose, les traverses seront acheminées par la route et livrées le long de la trace, sur les chantiers, au fil de l’avancement des travaux, ce qui implique une logistique particulièrement complexe. Leur production a commencé en 2012 pour une première livraison prévue durant ce premier semestre 2014, une avance prise pour anticiper un rythme de pose d’environ 2 000 traverses par jour alors que la production journalière est de seulement 700 traverses. Avec ses carrousels et ses 170 moules, SATEBA sera donc en mesure de fournir un total de 395 000 unités juste pour la ligne SEA. Avec ses produits homologués par la SNCF, la société a été présente sur bien d’autres LGV (telles que la LGV Atlantique Paris-Tours ou la LGV Rhin-Rhône) mais aussi sur des tramways (Grenoble), ainsi que sur le métro (le métro Est-Ouest rapide, monté sur pneumatique, la ligne 14 à Paris).

Mais aussi sur les quais

Laissons de côté la grande vitesse et parlons aménagement urbain durable avec SITINAO, la branche de BONNA SABLA. Après avoir fait ses premières gammes dans ce domaine pour le tramway de Reims (en PPP) puis de Dijon, la marque a signé une nouvelle référence à Bordeaux, pour les extensions des lignes existantes à la périphérie de la ville. Cette troisième tranche reliera les quartiers de Mérignac et de Pessac, le quartier en pleine mutation de Bordeaux-Lac (qui comprend le Parc des expositions, le futur Grand Stade et l’éco quartier nommé Ginko), et même les villes de Blanquefort et de Bègles (le dit tram-train du Médoc) au coeur de ville.

Sur ce dossier, SITINAO a commencé à y plancher dès 2011, par l’intermédiaire de l’entreprise Tisya, maîtrise d’oeuvre du chantier du tramway de Bordeaux et qui avait un projet pour réaliser ces extensions de lignes. Comme l’explique Eric Tardat, Responsable régional des ventes chez BONNA SABLA- SITINAO, nous avons donc répondu à deux éléments, deux parties distinctes de l’appel d’offres que sont la partie de l’infrastructure de la voirie, et l’infrastructure des stations. Sur la première, nous avons répondu pour fabriquer 27 kms de bordures qui ont pour but de délimiter l’ouvrage, de part et d’autre du rail, et sur la partie équipement des stations qui sont au nombre de 26 -20 pour le tramway et 6 pour le Tram-train du M2doc-, nous avons fourni tous les éléments Préfa Béton. Un travail mené main dans la main avec notamment les équipes de Eurovia, Eiffage et Fayat, tant pour la partie voirie que pour la partie des stations. Soucieuse d’avoir un produit qui s’inscrit dans la continuité de ce qui avait été fait sur les trois tranches précédentes, Tisya a souhaité des bordures qui respectent le liseré, avec un emboitement qui garantit la cohérence visuelle, restent esthétiques et qui soient résistantes au gel, dégel et abrasion. Un défi relevé pour ce modèle unique de 35 cm de hauteur, construit dans l’une des trois usines de SITINAO, Bas-en-Basset en Haute-Loire.

Concernant les infrastructures de stations, celles qui jalonnent le tracé du tram bordelais sont assez emblématiques de la capacité d’adaptation de l’entreprise aux besoins du client. Au-delà de la gamme standard qui comprend les bordures avant et arrière de quai, les dalles Polytram, les biais de rampe, des produits spécifiques sont venus compléter l’ensemble, comme les bordures nez de quai et les dalles podotactiles. Ce design identique à tous les quais de station, et l’effet pierre naturelle qui donne une impression de pureté parfaite procure une totale cohérence esthétique au paysage urbain. Un résultat encore plus frappant dans l’éco quartier Ginko flambant neuf.

Pour résumer ce projet, qui est en quelque sorte un partenariat privé-privé mais pour le bien de la CUB (la Communauté Urbaine de Bordeaux), Eric Tardat parle de jeu d’équipe où la maîtrise d’oeuvre nous a confié zoloft without precription, purchase lioresal. Ce projet-là et où l’on a du réaliser des produits de qualité. La mise en oeuvre de nos produits fait aussi partie du succès du tramway de Bordeaux. Et c’est bien cela qu’il faut retenir pour toutes ces infrastructures d’envergure, dans lesquelles des entreprises françaises apportent la lumière de leur savoir-faire unique.